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JO 2002 Par Myriam Cornu, Magazine Ski Français Les peripeties de Mimi a Salt Lake City. Part One. : Jeudi 7 Fevrier Le vol est un moment magnifique avec le survol de l`Islande et du Groenland, baignes de soleil. Un calme etrange regne dans l`appareil et mon voisin me glisse un "vivement qu`on arrive" surement partage par un grand nombre de passagers. 31 heures apres mon depart, j`arrive a SLC apres avoir franchi avec succes les barrages de securite et sans connaitre la moindre alerte a la bombe, chance que ne connaitra pas notre ami Francis Bompard de l`agence Zoom, dont le voyage a ete quelque peu mouvemente !Mon premier rendez-vous est avec mon "concierge" qui va m`amener a l`appartment et me donner les cles... qu`il n`a pas, decouvre-t-il a mon arrivee. " Ce n`est pas grave, on va y aller et un gars nous rejoindra qui va nous aider". Nous sommes devant la maison lorsque de deboule un jeune type ["c`est vrai que les Francaises n`aiment pas les garcons americains ?"] dans un van qui contient une panoplie surement echapee d`Ocean`s eleven. En trois minutes, il force la porte de chez moi. Welcome in USA ! From Salt Lake City / Part Two : Vendredi 8 fevrier Je sors de chez moi ce matin et tombe sur Mickael, proprietaire de l`appartment ou je suis et voisin, il se plie en 4 pour que tout aille bien pour moi. je ne vais pas tarder a m`en apercevoir, les Americains sont extremement gentils et serviables. Mais pas le temps de discuter pour l`instant, direction le Main Media Center, royame des journalistes. le MMC est une vraie ruche, une petite ville a elle seule avec tout ce qu`il faut pour survivre, et meme plus [une equipe de masseurs par exemple pour soulager les petites douleurs de confreres ereintes] ! Ici comme sur tous les sites, les panneaux d4information sont "sous-titres" en francais, langue officielle du CIO. Ma mission prioritaire du jour : recuperer 1 pass pour la ceremonie d`ouverture. Un "Yes" souriant [a la question "vous etes francaise ?"] plus tard, le sesame attend au chaud dans ma poche. Le taxi driver ["quoi ! vous venez de France ? Ah la France ! Zidane et Alain Delon !"] qui me mene au Rice-Eccle Olympic Stadium m`explique que des agents du FBI et de la CIA en civil se trouvent par;i les spectateurs.17h30 apres une enieme fouille, je tome enfin sur des Francais... Luc Alphand et Patrick Knaff de France Television ! De longues minutes plus tard, en attendant le feu vert que donnera la chaine tele ESPN lorsqu`elle le jugera bon, nous decouvrons sur l`ecran geant, en liaison directe, l`image d`un grade qui entonne l hymne national americain a capella devant un parterre de militaires... en Afghanistan.La ceremonie d ouverture debut enfin, les athletes arrivent, tous saluent tres protocolairement d un discret geste quasi royal. Tous sauf nos Frenchies, dechaines, qui font faire la hola au public. ralentissant le rythme du defile, ils se font houspiller par les organisateurs, desesperes. Ah ces Francais ! Cow-boys, indiens a cheval, musique country, pas de doute, on est en Amerique ! Sting vient pousser la chansonnette avant que n`arrive le drapeau olympique porte par Desmond Tutu, Lech Walesa, Cathy Freeman, Steven Spielberg, Cousteau fils et notre jean-claude Killy national ! Le president du comite d organisation prend le micro "athletes, vous etes la parce aue vous avez su reve, parce que vous avez su payer le prix du reve. votre rev devient realite. athletes, les gens vous regardent, pas seulement pour vos performances sportives spectaculaires mais aussi pour s inspirer de la flamme, du courage qui sont en vous."Plus tard, G W Bush declare ouverts ces XIXe Jeux olympiques d hiver, la flamme penetre dans le stade, passe entre les mains de la descendeuse Picabo Street qui la remet a l eauipe americaine de hockey qui a l honneur d embraser la vasque olympique. Une citation s insccrit sur l ecran geant "les + retentissants succes sont le reflet d un feu interieur"> La flamme s eleve dans le ciel, juste derriere nos petits Francais. souhaitons que cela leur porte bonheur ! From Salt Lake City / Part 3 : Samedi 9 Aujourd hui preparation du plan d attaque pour la semaine> il s agit d etre au bon endroit au bon moment. entre deux bureaux d information je surveille le dernier entrainement de la descente : pierrot dalcin fait des flammes, vivement demain ! Je profite de cette journee en ville pour m impregner de l atmosphere de salt lake city. partout je vois des drapeaux americains, plus ou moins gros "ce n etait pas comme ca avant" me souffle Linda, une employee de l un des parcs municipaux "Avant le 11 septembre. c est notre facon a nous de temoigner notre soutien aux famills des victimes et notre amour a la nation."plus loin, je fais la connaissance de la jeunesse rebelle de la ville. une bande tague la rue en plein jour. A la craie, ils inondent le sol d inscription aussi subversives que "safe sex is a lie, the only safe sex is NO sex" "protest against aborption" ou " jesus s dead for you". Ah l Amerique ! From Salt Lake Part 4 : Dimanche 10 fevrier La descente hommes, epreuve reine de ces Jeux d hiver se court aujourdhui a Snow Basin. Tous les Francais que je rencontre [nos confreres de L Equipe ont du affrete un avion complet !] ne parlent que de Dalcin, ah s il pouvait faire en sorte que le titre reste en France ! Sur une piste mouvementee, au relief interessant, une descente tres technique s offre a nous. la course promet d etre belle... le public vibre pour ses heros, comme pour les autres. Au finish le tres gentil Autrichien Fritz Strobl s impose devant ce vieux briscard de Kjus, l homme aux 14 medailles, suivi par un autre Autrichien, le roi de cette saison, Stephan Eberharter, qui continuera a faire le chercheur d or a l occasion du super G et du geant. Meme si l on est decus pour Dalcin le Mauriennais qui franchit la ligne sur un seul ski, ce qui lui vaut des applaudissements nourris du public, les Francais font une belle course d ensemble [3 dans les 12] avec une superbe 5e place de Claude Cretier. Dans l aire d arrivee Strobl, toujours aussi cool et tranquille, se rejouit d obtenir enfin le granbd titre qui lui manquait, lui qui a toujours ete la mais souvent dans l ombre de Maier, Trinkl ou Eberharter. D apres Luc Alphand, cette medaille d or recompense une course parfaite de sobriete et de puissance. "Les Francais pour leur part manquent encore d un peu d experience - il en faut beaucoup en descente, pour savoir jusqu ou aller - mais tu verras dans quelque temps !" Gilles Brenier, patron de l equipe de France garcons, est tout aussi fier de ses poulains "je suis content, c est les Jeux, ils ont joue, ils ont tente. ils ont perdu mais ils ont essaye, c est beau. et puis c est de l experience qui rentre. ils ont joue leurs cartes, ca me satisfait. rapport a la saison qu on a passe, le resultat ici est super. claude cretier, 5e, ca laisse presager de grandes choses pour l avenir. voua avez vu l age des mecs qui sont autour de lui ?" Eh oui, pas de medaille mais de jolies choses tout de meme, merci Claude, Pierre et Antoine [Deneriaz]. Pas le temps de filer sur le snowboard, trop eloigne, mais je mate les runs de Doriane Vidal depuis la salle de presse de Snow Basin. dehors le speaker l annonce championne olympique alors que l epreuve de half-pipe n est pas terminee. est-ce cela qui lui apporte le mauvais oeil ? Doriane se loupe un peu sur une reception et le titre s envole. la larme a l oeil mais le sourire a la bouche, la belle Sudiste est decue. nous aussi. je la voyais vraiment en or, notre championne du monde. ne soyons pas fines bouches, une medaille d argent, c est deja si beau. From Salt Lake City : [lundi 11 fevrier] Au centre media de SnowBasin, ou doit se courir la descente femmes, je tombe sur les quotidiens americains du jour. le depart etant retarde d une heure, j en profite pour vous preparer une petite revue de presse. sur 1 gros quart de page, le USA Today fait part des etats d ames de Picabo Street, si decue de n avoir pas ete choisie par les athletes des USA pour porter le drapeau lors de la ceremonie d ouverture. la pauvre petite s est infligee une severe remise en question sur le theme de "mais pourquoi personne ne m aime ?". La descendeuse conclue tout de meme que le plus important reste la course [ah ?] et qu elle a ete ravie de transmettre la flamme, ce qui l a "beaucoup apaisee". Un peu plus loin, on decouvre la photo d un couple d habtitants de Salt Lake devant sa maison et portant des valises. "nous avons loue notre appartment pendant les Jeux et nous en profitons pour partir en vacances a Hawai." Ils peuvent : les Americains sont decidement les rois du business, les prix sont... hors de prix. Pour vous donner une idee, je vous dirais simplement qu une pomme, meme pas bio, coute ici plus dix francs. Entre le cout de la vraie nourriture et le choix propose, je ne sais plus que choisir. moi qui, en France, a les frites pour legume prefere, je suis servie ! Je ne vous parle meme pas des prix des billets, qui se vendent et revendent x fois leur prix. certains ont paye leur ticket pour la ceremonie d ouverture pres de 2 000 francs ! les pass d entree pour les remises de medailles, gratuits normalement, se monnaient 800 francs [il faut dire que sont attendues certains soirs des pointures telles que les Foo Fighters, Alanis Morissette, Sheryl Crow, Nelly Furtado, Macy Gray [yeah !!!!], ca change des orchestres entendus habituellement pour les remises de medailles olympiques !].Autre info capitale dans le USA Today toujours, on apprend que le prince Albert [oui, oui, le bobeur chauve] a ete retenu a un checkpoint de securite parce qu il ne cessait de faire sonner le detecteur de metaux. le journal se demande s il n avait pas une couronne cachee sous son bonnet... il faut vous dire que ces controles vous donnent vraiment le sentiment d etre un bandit. on s attend a chaque instant a devoir suivre l un des types en treillis !!Le Salt Lake Tribune lui, fait le point sur le travail des benevoles, qui, au passage, est tout simplement remarquable. 20 000 joyeux drilles s escriment a guider les journalistes, renseigner les spectateurs, transporter les valises a l aeroport ou... vider les poubelles ou s occuper du linge sale au village olympique. les taches, multiples et d interet divers, sont toutes effectuees avec le sourire, nous dit le SL Tribune, ce que j approuve. Tous ont un mot gentil, un "tout va bien" ou un "thanks for coming". Dans le quotidien de la ville, lucide, on traite aussi de points + negatifs, comme celui des mormons. un journaliste s interroge "en depit de sa promesse de ne pas utiliser les Jeux comme occasion de seduire de nouveaux "croyants", l eglise mormonne ne fait-elle pas acte de proselytisme en arrosant les rues de tracts ?" C est vrai ca, c est parfaitement innocent toutes ces distributions de prospectus moralisateurs et de coupons pour obtenir des "bibles" gratuites ? j apprends aujourd hui que doriane, notre vice championne olympique de half-pipe et premiere medaillee francaise, a failli manquer la course hier a cause d un taxi qui n est jamais venu ! finalement, elle aura termine cette journee mal commencee par l ovation de 20 000 personnes venues saluer les athletes au Olympic Medal Plaza. de vraies rock stars ces snowboarders !impossible de me rendre au biathlon [damned !]je vais donc faire comme vous, vibrer devant la tele. pas de medaille pour Poiree mais il nous avait promis il y a quelques jours qu il ne serait pas decu s il n avait pas de medailles, a condition que Liv [on n a jamais vu un homme plus fou de sa femme que Raphael !] ramene un joli souvenir olympique pour la cheminee familiale. ce sera le bronze pour Madame. [bravo au Salt Lake Tribune qui l avait donnee troisieme dans ses pronostics. le journal avait predit egalement une troisieme place a son mari, a qui il a attribue la nationalite de... Norvegien ! voila qui aurait sans doute flatte l Iserois !]bon tout ca pour vous dire que la descente femmes ce sera demain finalement... alors rendez-vous mardi soir devant votre tele avec Carole, Melanie et Ingrid ! From Salt Lake City : Mardi [ mardi combien deja, 12 fevrier ?!] Le titre olympique de descente restera bien en France comme le desirait le groupe francais de vitesse... mais pas chez les hommes ! C est a une femme en or que nous devons les plus grosses emotions de ce debut des Jeux. Carole Montillet a ete la plus rapide ce matin, devancant deux pointures de la discipline Isolde Kostner et Renate Goetschl. Je n aurais pas le temps aujourd hui de vous decrire ce tourbillon de folie dans lequel elle nous a tous plonges, puisque je dois filer a la remise des medailles, j ai hate de voir monter Montiti "sur la grosse boite" comme elle dit. On en connait qui ne vont pas beaucoup dormir cette nuit [et les nuits suivantes !]du cote de l Isere : a Villard de Lans comme chez Rossignol, ce doit etre le bonheur ! j espere avoir un peu de temps demain pour vous raconter cette journee et la nuit qui s annonce. juste vite fait, la reaction de Carole : "il y a des jours comme ca... tout etait facile aujourd hui, ca allait vite, tres vite. je dedie cette victoire a mes entraineurs, qui ont rendu ca possible. qui ont ete la quand il le fallait. ca n a pas ete facile ces derniers temps, or il faut de la confiance pour gagner en vitesse... mais j ai reussi, peut etre que regine ma aidee... m a donne la force." Carole, qui me dormait plus depuis trois semaines et etait "au fond du trou" comme on dit en ski, a retrouve son sourire legendaire qui en a emu plus d un aux larmes aujourd hui !vivement le super geant, avec, en plus de Carole, une Melanie Suchet qui peut faire des etincelles. "Allumer le feu" dit le slogan de Salt Lake, nul doute qu on va mettre le feu ce soir ! Salt Lake City 2002 : dimanche 10 février(descente hommes) Le coup de feu est donne avec un dossard 1 qui part en trombe sur la piste du Grizzli (la brochure touristique dit que du sommet lon peut voir le Grand Lac Salé et les états voisins de lIdaho, du Nevada et du Wyoming ), cest un Américain et le public surchauffe !le spectacle lui plait, pas etonnant sur cette très belle piste, technique, rapide (visiblement pas filmée au mieux daprès les images ce quon a pu en voir, par rapport à ce que nous voyons en vrai). en vedette américaine, jean-claude killy (ovationne par le public) est alpagué par une ravissante présentatrice, Pam, qui, au moment de se séparer de lui, lui tend la main et se voit embrassee sur la bouche en retour c est comme ca qu on dit au revoir en France !. Pas etonnant quon passe pour des chauds lapins !Les Francais selancent, reussissant tous une tres belle course, meme si l on s etait pris a rever de mieux pour Pierrot Dalcin. Luc Alphand peut parler deux sans rougir : ils ont fait bien couru, ils ont corrige ce quil y avait à corriger au vu des entraînements. ça promet ! vous verrez dans quelques mois, quand ils seront un peu plus expérimentés ! en descente, il faut vraiment se connaître, ne pas trop vouloir en faire, ne pas être sur la retenue. Savoir où est la limite prend du temps. Gilles Brenier, le chef d equipe, se satisfait lui aussi de ce qu il a vu c est les Jeux, il fallait jouer, ils ont joue leurs cartes, ils ont essaye, c etait ce que nous attendions d eux.Strobl pour sa part a ce quil mérite poursuit Lucho il a toujours été là mais tombait toujours sur un os : une fois sur maier, une fois sur trinkl, une fois sur eberharter, une fois sur Alphand !. Le skieur de Serre-Chevalier sourit Tous les mecs qui sont devant sont de vieux briscards, avec qui je courrais. je dis ça mais rassurez-vous, je nai pas de regrets, jai tourné la page sur des moments merveilleux. maintenant je vis de fabuleux instants de lautre côté. strobl et eberharter font la course parfaite, ils nont rien à se reprocher analyse-t-il, kjus en revanche a fait des erreurs. Les 20 centièmes de trop, il sait où il les pose. Lhomme aux 15 médailles (JO et championnat du monde confondus) peut avoir quelques regrets. Eberharter a encore le géant et le super géant pour repartir champion olympique donc il le prend bien, il était ultra favori mais il a une médaille, cest déjà beau. Strobl, lhomme tranquille, le type cool, répond a alphand, qui lui demande ce quil souhaite de plus, rien, je profite, cest bien, je suis content. décidement très pépère, Fritz (2e au classement provisoire de la coupe du monde de descente 2002) est sûrement le plus chaleureux, le plus sympathique des skieurs autrichiens. strobl a dit quil na pas envie de parler du fait quil a battu eberharter, il dit quil ne court pas contre quelquun mais pour faire du mieux quil peut, quil essaie juste de skier bien, il estime que la clé de son succès, ça a été de rester calme, cool. Lorsquon interroge ce skieur de 29 ans - au profil un peu atypique dans le ski de haut niveau puisquil a un enfant de 4 ans - sur ce que va changer cette médaille dans sa vie, Fritz Strobl répond rien, je crois. jétais heureux avant. jespère que je pourrais continuer à lêtre.on en connait dautres qui doivent etre heureux du cote dAnnecy : un descendeur qui remporte lor sur du matériel français, ils peuvent être fiers chez Salomon ! Pour lanecdote, sachez que lItalien Ghedina, qui a pris un gros, gros rateau, a décidé de rentrer chez lui, il ne prendra pas le départ du super géant ! Le bonheur des uns lundi 11 février : Snowboard (half-pipe) je crois ne pas vous avoir parle de lépreuve de half-pipe qui se tenait à Park City Il faut dire que nos Français nayant pas fait grosse impression Les autres riders en revanche ont laissé sans voix tous les journalistes présents devant la télé de la salle de presse de Snow Basin. La discipline les a complétement séduits . entendu par exemple mais ils vont si haut ? ou alors cest la caméra qui donne cette impression ? cest vrai quon a été subjugués, entre autre, par le run de Ross Powers, lAméricain médaille dor, et de ses collègues. un regret, que lexcellent Finlandais Sorsa - un snowboarder a decouvrir dans Rider (avec Doriane Vidal en couverture !) - ne soit pas médaillé, mais Heikki est tout jeune, il a la vie devant lui pour monter sur les podiums ! on a vu du gros donc chez les pipers et on doit bien avouer malheureusement que les Français, même sils avaient réussi parfaitement leurs runs, nauraient probablement pas été à la hauteur. les Américains eux, nagent dans le bonheur avec un podium 100 % US avec Kass en argent et Thomas (serait-ce un cousin américain de Nicolas, le graphiste de Rider ?!) en bronze. la presse américaine se réjouit par ailleurs que le snowboard, devenu olympique, nait pas perdu son esprit et reste un sport alternatif, underground avec piercings, musique trash et douces odeurs dherbes inclus. lun de mes voisins, Shane, est revenu transi dexcitation de Park City : javais été aux X games : ce nétait même pas comparable, lambiance sur le pipe des Jeux a été totally crazy. 16 000 spectateurs environ pour le pipe femmes, autant pour les hommes, cela a de quoi réchauffer latmoshpère en effet mardi 12 février : Montillet : the right woman, the right place, the right moment ! En faisant un tour en attendant le départ de la descente, je tombe sur Bruno, le cuisinier de léquipe de France de vitesse. Le chef du pavillon français de DisneyWorld Floride leur a préparé des crêpes hier soir, nous verrons bientôt si cétait une bonne idée Je rencontre également Véronique et Jean-Louis, les parents de Gaëtan Llorach accompagnés de Nathanael, un jeune habitant de lUtah qui parle très bien français et qui a été dépêché auprès de léquipe pour faire la traduction, conduire la voiture ou faire la vaisselle, bref tout ce qui peut les aider ! Le départ devenant imminent, les journalistes français se préparent : nous dégainons tous notre crème solaire, guillaume lacroix (ancien rédacteur en chef de Rider) compris (je viens de tomber sur lui avec son équipe de TF1). M ais chut,; ça y est ! le départ est donné Dossard 2 (comme picabo street pour son super g en or à nagano), laméricaine Caroline Lalive se débarasse des premières portes avec panache pour chuter quelques secondes plus tard. dommage pour elle, elle a failli réussir un gros coup, mais cest la course et déjà le public tourne ses yeux vers les concurrentes suivantes. Melanie Suchet arrive, peu satisfaite de son passage, les skieuses defilent, Carole Montillet s elance, bingo ! premier temps provisoire, Carole sent tout de suite que quelque chose de grand se profile a l horizon ! Kostner et Goetschl, en personne, se heurtent a son chrono impitoyable ! Alors quon attend le passage de Dorfmeister et de Street avec appréhension, je surveille Anne-Christine Dugeny, responsable communication racing chez Rossignol, qui tremble comme une feuille. Et puis ça y est, Picabo Stree franchit la ligne, décevant ses supporters La pauvre pleure dans les bras de sa mère mais cela ne nous émeut pas, nous sommes trop occupés par ailleurs : nous venons de realiser que Montiti vient de remporter sa première victoire en descente et quelle victoire, my God ! il ne lui reste plus quun souci pour le moment : trouver un drapeau tricolore !! cest Serge Suissson de la Caisse dEpargne qui sauve la situation cétait déjà mon drapeau que portait Jean-Luc Crétier à Nagano ! La Caisse dEpargne soutient léquipe de France en toute occasion, dirait-on !Essuyant une larme, je me surprends a essayer dimaginer la joie que doivent ressentir les Isérois, la fierté du ski-club de Villard de Lans, celle des gens de Rossignol (Carole skie sur la nouvelle ligne Golden Spirit, au slogan prémonitoire on partage plus que la victoire ). Je croise Gérard Rougier, directeur technique de la Federation francaise de ski, à larrivée, Cest fabuleux, cest vraiment ce qui pouvait nous arriver de mieux !. Incapable de dormir depuis trois semaines, Carole a retrouvé un sourire étincelant. A la question Où es-tu allée chercher toute cette vitesse ?, elle répond doucement Au fond de mon coeur. Tout allait bien aujourdui, javais vraiment limpression de dominer, je ne ressentais aucune peur, que de bonnes sensations. il y a des jours comme ça, où tout est facile; Comme Jean-luc il y a 4 ans, la première descente que je gagne est la bonne. Je suis heureuse parce que jai été là.Jjavais juste envie daller vite, jai fait le mieux que je pouvais. ça a souri. Ce que jai fait aujourdhui je lai fait pour moi, peut-être que Régine (Cavagnoud) ma aidée a me battre aujourdhui, à trouver la force nécessaire, mais je veux dédier cette victoire à mes entraîneurs, à tous ceux qui nous ont vraiment soutenues cet hiver parce quil y a eu des moments très durs. javais de lappréhension, javais peur daller vite, jai connu des moments terribles cette saison. Jai limpression que cette médaille tire un trait sur tout ça et quon remet les compteurs à zéro. Une adorable fleur vient déclore sur la Wildflower, cette piste rapide et technique, théâtre impassible de la lutte des meilleures descendeuses du monde. Pam, la présentatrice au chapeau de cow-boy, crie vive la France ! (on ne sait pas trop si cest pour saluer la performance de Carole ou si elle est toujours sous le coup de lémotion du baiser de Killy !), tout le monde, coureuses, entrâineurs, supporters, félicite le premier Français qui lui tombe sous la main (comme si on y pouvait quelque chose). Tout le monde semble si heureux quune Française gagne Un Autrichien dodu portant un tambour esquisse un sourire et me glisse Bravo les Francais nous avons été très tristes pour votre Cavagnoud, alors cest bien ce qui arrive aujourdhui. Toute médaille dor est un trésor pour une nation, mais celle-ci a effectivement une saveur toute particulière Régine, la bonne étoile de Carole ? Cest Montillet bien sûr qui a skié aujourdhui mais personne na pu sempêcher davoir une pensée émue pour celle qui, disparue trop tôt, nétait pas là pour voir le regard de Carole briller pendant lhymne national. Née le 7 avril 73 à Grenoble, sous le signe du bélier, Carole Montillet fait preuve dune volonté de fer, dune force de caractère de gagnante, le tout camouflé sous une grosse doudoune de gentillesse. Appréciée pour ses qualités de coeur et son sourire, Carole est une fille bien, je nen suis que plus heureuse pour elle. En équipe de France depuis plus de dix ans, elle voit ses efforts recompenses en succèdant au palmarès à Katja Seizinger, championne olympique à Nagano (ou Florence Masnada avait glané le bronze). Avec Isolde Kostner (a 45 centièmes) et Renate Goetschl (a 83 centièmes), on ne pouvait rever plus beau podium. LItallienne et lAutrichienne, ces immenses descendeuses qui completent le trio, donnent un relief exceptionnel a la victoire de Carole. Les garçons (Pierre Dalcin, Claude Crétier, Antoine Deneriaz) avaient dit quils voulaient que le titre reste en France, il y reste meme si ce nest pas chez les hommes ! Carole Montillet, porte-drapeau au défilé douverture, a montré la voie à tous les athlètes de son équipe de la plus belle des manières. A eux de jouer maintenant ! Elles ont dit : Je sais quil y a souvent une surprise aux Jeux mais je ne mattendais vraiment pas à Carole ! Elle a fait la course idéale Isolde Kostner, médaille dargentCarole had just a perfect day today (cétait tout simplement un jour parfait pour Carole) Isolde KostnerJe suis très heureuse : cest ma première médaille olympique Renate Goetschl, médaille de bronzeIl fallait oser pour gagner. Et cest ce que jai fait Carole Montillet, championne olympiqueJai couru pour moi. Régine est partie. La vie continue et nous devons la vivre. Régine était avec moi, je le sais, mais jai couru cette descente pour moi. Carole Montillet mercredi 13 fevrier : Biathlon day today ! Nimporte qui étant fouillé au minimum quatre fois par jour, je nosais pas imaginer les contrôles que doivent subir les biathlètes avec leur carabine. Finalement, il semble que tout se passe assez bien. Nous faisons confiance aux athlètes bien sûr explique le responsable de la sécurité, mais nous avons peur quils ne se fassent voler leur arme par des personnes mal intentionnées, alors nous ouvrons particulierement loeil.Les coureurs séchauffent quand Jean-Claud Killy et Michel Barnier (président du comité dorganisation des Jeux dAlbertville) viennent à nos côtés pour encourager Poirée, Defrasne et Marguet. Le coach chilien me fait rire, il narrête pas de prendre des photos depuis le pas de tir, à côté dun Jean-Pierre Amat (coach des Français et néanmoins champion olympique), hyper concentré. Ce 10 km sprint hommes est vite plié, trop vite, je serais bien resté, cest si beau le biathlon. Déçue (jétais persuadée que je venais voir gagner Poirée), je ne retiens quune chose : pourvu que la poursuite se passe bien, dans deux jours, je ne veux pas que Raphaël reparte dici bredouille ! En retournant vers le bus, je croise Christian Frison-Roche dAdidas-Salomon qui me redonne le moral : il minvite à venir casser la croûte au club Salomon à Park City où il détient 80 kg de beaufort !!! Non seulement je rêve de manger depuis trois jours (pas le temps et pas de nourriture normale ici, décidément), mais en plus il me propose un produit typiquement de chez moi, je sens que je vais défaillir Dans le bus qui me ramène à Salt lake city, je réalise que lAmérique reste vraiment exotique pour moi : en conduisant, le chauffeur mange quelque chose qui ressemble a des nouilles. Jai limpression que je ne suis pas au bout de mes surprises ! En bref De manière générale (je ne sais pas si vous vous en apercevez à la télévision), les Américains ont a coeur de reussir une organisation de très haut vol, que ce soit pour lambiance, les à-côtés mais aussi, et surtout, pour les compétitions : la piste de la descente hommes a été dessinée par le champion Bernard Russi en personne, les responsables se sont refuses a tronquer la descente femmes (solution envisagée par certains pour contrer le vent qui soufflait sur le départ, empêchant les organisateurs de maintenir la course le lundi), la piste de bosses sest revelle très technique, daprès Johann Grégoire Bref, il semble que les athlètes ont pu donner le meilleur deux-mêmes sur des épreuves de haut niveau. Quelques résultats en passant Magnifique médaille de bronze pour le Mégevan Richard Gay en freestyle, succès malheureusement occulté par la victoire de Carole. Cédric régnier (11e), Laurent Niol et Johann Grégoire (malade pour la première fois depuis deux ans !) sont tous les trois dans les 15. Ski de fond, 30 km libre mass-startDe lor pour lincontournable Johann Muehlegg. Le biathlète Ole Einar Bjoernadalen est 6e ! Les Français Emmanuel Jonnier et Vincent Vittoz, 11 et 12e. Jolies 9e places pour Kevin Arnould en combiné nordique (K90) et Karine Philippot en ski de fond (15km libre mass-start) PS : je me suis emmêlée le clavier lautre fois, jespère que vous aurez corrigé de vous-même : Liv Grete Poirée est médaillée dargent et non de bronze. Sorry. PS encore : un charmant monsieur, qu'un miracle a mis sur ma route, a fait en sorte que je puisse (enfin !) vous envoyer des e-mails depuis mon propre ordinateur, vous devez donc avoir des textes un peu plus "propres", avec des accents, et tout ca, c'est pas le bonheur ?! JO Salt Lake City 2002 : Jeudi 14 févrierHello everybody & good Valentines day ! Jour de qualifications pour les snowboarders alpins aujourdhui. Sous les yeux fédéraux de Bernard Chevalier, Gérard Rougier et Joël Franitch (qui arbore fièrement sur les joues un cupidon et un coeur), Karine Ruby franchit larrivée avec un excellent chrono (4145) qui lui offre une seconde place de bon augure (pour un centième). Isabelle Blanc (à 76 centièmes) et Julie Pomagalski (à 81 centièmes) rentrent elles aussi facilement en finale.Entre Karine et Isabelle, entre les 2 principaux atouts charme de léquipe de France, entre la brune ou la blonde, faites vos Jeux ! Karine 24 ans, ChamoniardeCollectionne les sorcières et les titres mondiaux (5 fois championne du monde et 2 fois vice-championne du monde, 4 victoires de coupes du monde générales, etc, etc.)Aime regarder le rugby à la télé, traîner sur la plage et gravir les majestueux sommets du Mont BlancPossède deux frangins aussi frappés de glisse quelle (Jérôme, snowboarder extrême, et Stéphane fondateur de White Spirit)Bien quelle prétende nêtre pas fan de géant parallèle, la médaillée dor à Madonna di Campiglio (en 01) dans cette discipline semble avoir beaucoup travaillé ce format de compétition, pas de raison de ne pas y croire donc. Snowboard : Quechua.Sa réaction à lissue des qualifications :Je ne me suis pas trop engagée, sur les premières portes en tous cas, parce que je craignais la chute, parce que je savais que jétais capable de sortir ! Jai juste essayé de staying alive, de ne pas sortir du tracé parce que je navais pas été performante du tout aux deux dernières coupes du monde et je nétais pas confiante. A léchauffement javais fait plein derreurs, que je nai pas reproduites. Je me suis concentrée sur ce quil y avait à faire et voilà.Ce sont mes deuxièmes Jeux et je suis heureuse quaujourdhui le snowboard soit un sport, que nous soyions des athlètes.Je sens vraiment lesprit olympique en moi. Je suis beaucoup plus stressée qua Nagano Je ne termine pas première des qualifications mais ce nétait pas le but. Il fallait être safe but fast, rider en sécurité pour ne pas tomber, mais assez vite pour rentrer dans les qualifs. La médaille de Doriane ne me met pas plus de pression, non. Je suis heureuse pour elle, elle la méritait vraiment. Mais cela ne me touche pas dans mes propres objectifs. La pression, je me la mets assez toute seule ! Par contre, je suis la seule à avoir déjà une médaille dor, tout ce que je peux glaner maintenant cest du bonus mais rassurez-vous, je vais essayer de toutes mes forces daller la chercher, la deuxième !Jai jeté un coup doeil sur le tableau de la finale mais je ne veux pas trop y penser. Je ne vais pas analyser qui je vais rencontrer etc, je prendrais les manches les unes après les autres, comme elles viennent. Je ne veux pas tirer de plan sur la comète. Je vais simplement me relaxer cet après-midi, me concentrer pour demain.Je suis contente davoir un bon chrono mais ça ne veut rien dire : je partais avec un petit dossard et la piste avait un peu marqué. Ça fait tout de même du bien mentalement. Bon de toute façon, là maintenant, on remet les compteurs à zéro alors vraiment je suis surtout contente de nêtre pas tombée comme javais tendance à le faire ces derniers temps ! Je suis déçue pour Florine Valdenaire, qui nira pas en finale, mais ce sont ces premiers Jeux, je ne me fais de souci pour elle pour la suite ! Isabelle 27 ans, Alpe dHuezMaîtrise le géant parallèle (championne du monde en 99 et victorieuse de la coupe du monde de la discipline en 00) comme la guitare et le chant (interprétation ET composition sil vous plaît) Assume sans souci particulier son surnom hot, Za-Za WhiteSnowboard : Hot.Sa réaction à lissue des qualifications :Je suis qualifiée, cest le principal, on nest jamais à labri dune chute. Javais tellement peur que jétais un peu scotchée à la neige, mais là, ça va, je suis soulagée ! Et puis visiblement au niveau des tableaux, cest bon pour nous, jespère quon se retrouvera tout à la fin avec Karine. Le plus dur quasiment, cétait de ne pas craquer aujourdhui, ça cest fait. Pour demain tout est possible. Je vais rentrer au village, jouer de la musique pour me détendre et envisager la suite sereinement. Jai remporté tous les parallèles dans lesquels je me suis engagée depuis janvier, ça me va bien comme format : on peut maîtriser plus facilement la course. Si la fille est devant, tu mets du speed, si elle est derrière, tu gères. Julie, le joker français Ah ! ça va mieux maintenant, il aurait été dommage de ne pas être en finale alors que javais le niveau, je suis qualifiée donc rassurée parce que je ne savais pas trop comment gérer mon engagement. Ce sont mes premiers Jeux, je nai pas beaucoup dexpérience mais je nai rien à perdre alors je donne tout ! Ma famille est là, je vais passer laprès-midi avec mes proches, je vais me reposer. Snowboard : F2. Chez les garçons et sur un tracé de Xavier Perrier-Michon, les Français Matthieu Bozzetto et Nicolas Huet se qualifient avec moins de panache, mais comme le dit Karine, la médaille ne se décroche pas aux qualifications alors nous verrons demain si le surfeur de Val dIsère a caché son jeu ce matin. Vainqueur des coupes du monde de géant parallèle ces deux dernières saisons, vice-champion du monde, Boz part favori, saura-t-il gérer la pression de cet événement hors du commun ? Le rêve américain (suite) / Lanecdote du jour Pour vous détendre le soir, vous avez le BigDeal (oh, ça va, je plaisante !), moi jai le Salt Lake Tribune. Cet excellent quotidien par ailleurs regorge darticles qui me font rire. Ce soir je suis tombé sur un sujet sur la polygamie ! Il faut croire quici, ça les obsède ! Une ligue contre la chose a bien essayé, en vain, de me convertir, javais bien repéré aussi des tee-shirts qui clamaient la nécessité de protester contre cette débauche criminelle pour le droit des femmes et des enfants mais je croyais quil sagissait de la lubie dune poignée dilluminés. Pas du tout, cest un sujet important ici visiblement puisque les quotidiens en parlent très sérieusement dans leurs colonnes. Toujours dans la presse locale et dans un autre registre (quoique), on peut lire la confession de Billings, maire de Provo, lun des coins les plus conservateurs des Etats-Unis, qui a été forcé daccueillir Bill Clinton à laéroport (notre homme se rendait à Sundance pour rencontrer des représentants de Vivendi) : il a bien fallu que je lui serre la main ; en dépit de toutes ses frasques, il a tout de même été président des Etats-Unis . Billings a beau ne pas apprécier les petites gâteries (cest ce quil dit en tous cas), il a déclaré que Bill était un homme chaleureux. Ils sont rigolos ces Américains. Enfin, il faut pas trop les énerver quand même. Ici, pas question de faire nimporte quoi. Un type qui voulait se garer à un endroit interdit a vu arriver face à lui un homme en treillis avec mitraillette il na pas demandé son reste, croyez-moi. Moi aussi, jai essayé de faire la rebelle et de défier lautorité. Jai osé essayer de traverser la rue en dehors des passages piétons, alors que le feu restait désespérement vert. Javais à peine esquissé un pas quun haut-parleur me recommandait fermement de ne pas bouger. Depuis mon arrivée sur cette planète, je me pince deux à trois fois par jour pour vérifier que je ne suis pas en train de rêver From Salt Lake City : Vendredi 15 février Heureusement pour nous, journalistes français, les Bleus performent en snowboard : ce parallèle ne manquait donc pas de relief aux yeux des supporters que nous sommes. Sans lespoir de voir nos athlètes chéris remporter de jolies médailles, lépreuve de ce matin aurait probablement manqué de charme. Chez les filles comme chez les garçons, lhécatombe na cessé : La piste était béton car pas damée depuis trois jours déplore Mathieu Bozzetto, qui repart de ces Jeux sans la médaille quil mérite. Le podium me plait, les gars qui sont là ont un beau surf donc cest OK, surtout pour lAméricain Klug (bronze), ce type formidable, très gentil, sest fait ouvrir le ventre (il a subi une greffe du foie) et il revient, cest parfait mais jen ai marre davoir affaire à des incompétents. Même sentiment chez Nicolas Huet, par ailleurs hyper satisfait de sa quatrième place (non, ce nest pas la plus mauvaise, jai vécu la course jusquau bout, je me suis laissé une chance jusquà la fin, jai ressenti des choses que na pas ressenti le type qui fait 18e ou 25e) : l ny a rien de pire pour moi que les pistes qui manquent de technicité, ça, cest la FIS qui ne nous aide pas Le problème, cest quils ont peur de nous faire courir dans le raide parce qualors il y a du déchet, mais ils nous mettent sur la glace, ça revient au même Sils avaient compris que nous ne faisons pas du ski alpin, il y aurait eu un monstre spectacle ! Premier faux pas des Américains donc, dautant plus regrettable que Tout se passe si bien ici, cest parfaitement organisé surtout si on compare à Nagano ! senthousiasme Boz. Bon, vous laurez compris, tout le monde ici a trouvé un peu limite quun type puisse arriver en finale en ayant chuté lors de ses deux runs (voir lexplication en toute fin de mail).* Mais ne vous y trompez pas, la journée a tout de même été fabuleuse avec, vous devez le savoir, une finale de rêve chez les filles, avec les médailles dor et dargent dIsabelle Blanc et Karine Ruby dont la belle histoire se poursuit avec ce titre de vice-championne olympique de géant parallèle, après le titre suprême récolté en géant classique à Nagano, il y a quatre ans, alors que le snowboard était olympique pour la première fois. Tout ce que je voulais, cétait une médaille, peu importait la couleur nous dira-t-elle dans laire darrivée. Un peu plus tard, lors de la conférence de presse, la belle Chamoniarde (qui ride sur une planche Quechua) na pas réussi à contenir tout à fait sa déception, clairement lisible sur son visage malgré ses efforts. Karine, le traits tirés, le visage cerné, dit avoir eu de la chance dêtre passée cela devenait de plus en plus difficile pour moi au fil des runs, jétais très fatiguée, jai eu de la chande de ne pas chuter, notamment contre lItalienne Trettel (bronze). Il faut dire que Karine est grippée depuis hier et na pas dormi cette nuit, à cause de la fièvre. Ce matin, je me suis dit Ce nest pas juste, je ne suis jamais malade, pourquoi maintenant ?! Du coup, je nétais pas tendue, je nespérais rien et puis finalement ça se finit bien ! Cette deuxième médaille, ça veut dire beaucoup de travail, dinvestissement , de remise en cause aussi Cest une très belle récompense. Après ce changement de discipline et deux années difficiles, je suis très fière dêtre revenue au plus haut niveau Que du bonus, avait dit Karine hier, et quel bonus !Mais aujourdhui, je vous réservais le meilleur pour la fin : la victoire dIsabelle Blanc (Hot), bien entendu ! Cest parfait ! Cest incroyable ce qui sest passé ! Je me suis fait peur à la première manche et il a fallu ça pour que je rentre dans la course. Ce sont des Jeux exceptionnels, lambiance, tout ça Je ressens vraiment lesprit des JO. La cérémonie était si belle que jen ai pleuré Et maintenant la médaille, cest parfait ! Parfait ! Je me sens heureuse, jai hâte de rentrer chez moi, de partager tout ça, il y a tellement de gens qui ont gagné avec moi, lAlpe dHuez (ils étaient vraiment avec moi !), mon entraîneur (et beau-frère) Xavier Perrier-Michon, ma psychologue, ma prof de chant Je voulais gagner deux courses cette année, la coupe du monde à lAlpe dHuez et celle-ci, je lai fait, je mimpressionne moi-même, je ne sais même pas comment jai fait !. Isabelle a déclaré avoir été très touchée par laccident de Régine Un soir, devant sa photo, des paroles dune chanson sont soudain venues en moi, je lai composée pour elle et appelé Elle glisse (et Isa se met à chanter quelques notes de sa chanson) Jai envie quon parle de mon sport, je le trouve bien, je le trouve beau, les gros médias parlent plus de nous que les magazines spécialisés qui privilégient le freestyle et le freeride, je trouve que tout cela devrait séquilibrer un peu ! Notre sport à nous, cest la vitesse, le temps, on na pas de problème de jugement, le temps cest direct et cest clair. Le secret des snowborders français ? Cest probablement la motivation Nous payons tout nous-mêmes, nous gérons tout nous-mêmes, nous choisissons notre entraîneur et nous entendons bien avec lui, bref la motivation est optimale puisque nous ne pouvons nous permettre dattendre tranquillement que ça arrive . Mon entraîneur, Xavier, ayant décidé de sarrêter sur cette merveilleuse saison, je pense demander à Ziggy Stegall, un collègue de team qui souhaite cesser de courir, de me coacher. Carole Montillet, au club France, ma regardée malicieusement en disant à lassemblée Jespère que ce ne sera pas la dernière médaille dor ! Il y a maintenant la mienne etil y en aura encore dautres, dont une, je lespère, pour Laure Péquegnot, la slalomeuse, avec qui je skiais à lAlpe quand jétais plus jeune ! Tout sourire, Isabelle explique, en conférence de presse, lorigine de son surnom à des curieux : Blanc se dit white en anglais, et Za-za cest pour Isa mais nallez pas vous imaginer que cela ait un quelconque rapport avec Zara White, la star du porno ! Détendue, à laise devant les caméras, Isabelle savoure ses frénétiques instants dédiés aux médias, entre deux signatures dautographes et deux photos avec des volontaires. Sympa, cette Za-za, décidément !Je ne voulais pas vous quitter sans vous signler la superbe course de Julie Pomagalski (F2), 6e, qui est malencontreusement tombée sur Isabelle en quarts de finale. Julie, qui sest bien battue, peut être fière delle. Elle aura sûrement le loisir de confirmer dans quelque temps tout le bien quon pense delle. Avec des athlètes de sa trempe, lavenir du snowboard français semble assuré En attendant de voir ça, rendezvous la semaine prochaine pour les géants normaux ! Pardon pour ces propos décousus mais je manque de temps pour vous écrire aujourdhui (comme à chaque fois que la France obtient de superbes résultats !!)A bientôt ! *(pour vous expliquer en deux mots (hum ) : chaque rider affronte un autre rider deux fois, dabord dans lun des deux tracés ensuite dans lautre. Chacun a donc deux manches à produire. Si lun remporte les deux runs, il est qualifié. Si chacun remporte une manche, on regarde les chronos, celui qui a le plus grand écart de temps en sa faveur est qualifié pour le tour suivant. En cas de chute, tout se corse. Celui tombe a une pénalité pour la manche suivante. Au second run, il doit battre son adversaire de plus de 2 secondes 07 pour les filles et 1.78 pour les garçons.Si lun chute à une manche et lautre rider à lautre manche, on qualifie celui qui a passé le plus grand nombre de portes avant de sortir du tracé. Ce qui signifie quun rider peut passer le tour suivant en étant tombé à ses deux manches, à condition que lautre soit tombé aussi, mais plus tôt que lui ! Bref, un peu complexe et très moyen comme système. Historique, Raphaël Poirée remporte la première médaille olympique française en biathlon hommes (individuel) ! Ce matin, au réveil, je me suis dit que javais vraiment envie daller encourager Raphaël Poirée (comme si mon soutien, si fervent soit-il, pouvait changer son destin !), j ai donc changé mes plans et fait une croix sur le super G hommes. A Soldier Hollow, on court aujourdhui le 12.5 km poursuite, épreuve qui a les faveurs de Poirée. 6 fois médaillé à des Mondiaux (avec notamment trois titres de champion du monde ), double champion du monde junior, plusieurs fois victorieux de la coupe du monde au général, Raphaël trainait la sale réputation de se louper sur les Jeux olympiques. Mais la malédiction a pris fin, il la enfin sa médaille ! Encore que lui ne semblait pas tellement inquiet J avais déjà une médaille dargent (celle de Liv Grete, sa femme), maintenant ça men fait une deuxième, cest tout ! Vous savez le plus important, c est que jai de lor tous jours à la maison, ma femme cest ma médaille dor (je vous lavais déjà dit, cet homme-là est très amoureux). Parti 9e, avec 1 minute 6 secondes de retard sur Bjorndalen, Raphaël est donc remonté à la seconde place.Ses réactions à larrivée :Je la voulais cette médaille ! Ce matin, jai dit à ma femme, je veux faire une super course. Quand jai ce moral, ça marche toujours. Bon lor, cétait mission impossible Même si je faisais o faute au tir, je restais à 20 secondes et Ole est tellement supérieur en fond que Simplement aujourdhui jétais à 100 %. Cest ce que jai voulu faire lors des courses précédentes mais ce nest pas passé. Là, j ai attaqué comme un fou sur les (tirs) debouts, je n ai jamais tiré aussi vite et cest passé. Il y a une part de chance, cest la magie du biathlon.Hier jai explosé ma carabine, et j ai le bras en charpie, donc cest la médaille du courage et de la persévérance.Jai eu un accident il y a deux ans, on ma mis des broches et tout ça. Cest la première fois que ça me fait mal, bon ce sont des petits trucs mais ça tracasse quand même Mais peut-être que ca ma mis encore plus la rage. Nous courons tellement avec la tête. A la question Tu avais un peu perdu le moral non ? Il répond Je me dis que jai déjà tout gagné, que j ai une femme extraordinaire que jaime comme tout On est heureux, alors voilà, je nechangerai pas les trois médailles dOle Einar contre ma femme !!! Plus tard, en conférence de presse (une heure après la course) :Ces médailles, c est bien pour ma femme et moi, parce qu on a donné tellement à notre sport je navais pas aimé Nagano du tout, je ne ressentais pas lesprit olympique. Ici c est totalement différent, tout le monde est si gentil, lambiance est excellente, cest très particulier. Je n ai pas la pression ici, juste du plaisir. Je voulais cette médaille mais presque plus pour léquipe. Tout sest joué sur le troisième tir, j ai tiré vite, si vite, jai voulu saisir ma chancePuis, hop, Poirée séclipse, il est pressé Désolés les gars, mais ma femme va bientôt prendre le départ ! Lamour nattend pas Les autres réactionsJulien RobertÇa ne pouvait pas être plus beau, il est le meilleur du monde depuis trois ans, sil était rentré bredouille, çaurait été horrible. A larrivée il ma glissé un mot sur le relais, cette médaille ça nous booste Vincent DefrasneRaph nous donne une belle leçon aujourdhui. Quand on a un mec comme ça dans son équipe, ça donne vraiment envie de se défoncer. Il la voulait, il est allé la chercher. Il la mérite cette médaille, sur le plan sportif, et sur le plan humain avec lattitude quil a dans le groupe France. Il est derrière nous, il nous pousse, il nous aide. Linstant norvégienOle Einar Bjorndalen est lhomme de ces Jeux. Trois médailles dor pendant les mêmes JO (plus une sixième place en ski de fond), ça ne sétait encore jamais vu. Le Norvégien semble intouchable depuis son arrivée à Salt Lake et il reste le relais. Ce jour-même, un autre Norvégien remporte la timbale : Kjetil Andre Aamodt, décidément inusable, ravit le titre du super-géant, après celui du combiné (son préféré). Un podium en or massif Entre Bjordalen et Ricco Gross, Raphaël est bien entouré ! Avec 5 médailles olympiques en tout (dont trois dor en relais à Albertville, Lillehammer et Nagano), 5 titres de champion du monde (+ 5 autres podiums aux Mondiaux), lAllemand, troisième, nest pas nimporte qui ! From Salt Lake City : Dimanche 17 févrierIsabelle Blanc nous a tenu compagnie ce matin dans laire darrivée du super-géant. Radieuse, la rideuse de lAlpe dHuez nous a appris quelle rentrait au pays ce début de semaine en hélicoptère depuis Genève. Tu te rends compte ?! A Nagano, cétait ce qui mavait le plus fait mal A laéroport, un monde fou était venu pour accueillir Karine (Ruby), pas pour moi Cétait normal, elle avait gagné, je navais rien fait, je le sais, mais quand même ça mavait blessée. Ma mère le savait alors elle sest dit quil fallait quils me préparent une grosse fête pour mon retour. Ça va être dément ! Sourire éclatant, Zaza ajoute quelle va profiter à fond de sa médaille pour faire des choses avec les journalistes. Elle ne croit pas si bien dire puisque dès la course terminée, elle est réquisitionnée pour un direct dans Stade 2 avec Carole Montillet, quelle était venue encourager. Pendant ce temps-là, Luc Alphand sert de standardiste à Ceccarelli (Dynastar), la gagnante surprise de ce super géant olympique (2e létonnante Janica Kostelic (Salomon) et 3e Karen Putzer (Rossignol)). Berlusconi en personne est aen ligne sur un portable que Lucho est chargé de faire passer jusquà lheureuse médaillée dor italienne ! PS :A propos de snow, une rectification (je commence à fatiguer décidément !) : il ny a pas de géants normaux, les Jeux sont finis pour les snowboarders. Ça patine dans le patinage Je nai jamais pris le temps de vous parler de la vive polémique qui a agité le patin, mais jai appris que vous aviez du suivre cette affaire puisque les télés françaises et Le Monde ont relayé linfo. Toute lhistoire semble être partie de la NBC qui, selon mes confrères qui suivent le patinage, sennuyait visiblement de navoir rien de croustillant à se mettre sous la dent (même pas de cas de dopage cette année) et a fait monter la sauce Beaucoup de bruit pour rien ou alors vraie tricherie, ce nest pas moi qui vais vous répondre. La seule chose dont je sois sûre, cest que les Canadiens ont bien reçu leurs médailles dor puisque je viens dassister à ce podium historique. Jétais à la patinoire pour suivre le programme imposé de danse sur glace (avec leur flamenco enjoué, nos Français Marina Issina et Gwendal Peyzerat sont toujours en tête, leurs notes de présentation frôlant la perfection) et suis donc resté quelques instants pour assister à cette cérémonie de remise des médailles très particulière. Les Canadiens cotoyaient donc les Russes sur la première marche du podium et nous avons écouté les hymnes des deux pays, avant que les deux couples ne posent ensemble, tout sourire, pour les photographes. Cette médaille doit tout de même avoir un goût bizarre, pour les uns comme pour les autres. Toujours à propos de glace, vous avez peut-être eu vent de cette histoire incroyable : grâce au short-track (coucou Marie-Laure !), un Australien a permis à son pays de remporter la première médaille dor olympique de son histoire. Les autres avaient tous chuté Lépreuve ma été racontée par Simon, un confrère canadien (qui travaille pour Géo plein air, un magazine outdoor, et qui aime beaucoup Vertical !) et je dois dire que jai mis un peu de temps à comprendre de quelle discipline il voulait parler Ça vous dit quelque chose à vous, les courtes-pièces ?! Toutes mes excuses pour ces deux messages un peu confus (vous commencez à avoir lhabitude !) et à bientôt ! From Salt Lake / Lundi 18 février Dans laire darrivée ce jour-là, deux très belles championnes - qui comptent parmi les plus sympathiques - deux sourires de la glisse française, deux Iséroises en or Isabelle Blanc, supportrice, est venue encourager Carole Montillet pour le super géant. Ça na pas joué pour les Françaises dans cette épreuve, du coup les télés les ont un peu délaissées et jen ai profité pour aller voir Carole et le chef déquipe des filles, Pilou Vuillet. Carole Montillet, à larrivée du super géant Après la descente, les entraîneurs ont fait un super boulot pour me protéger, javais des obligations vis-à-vis des médias mais jai fait le minimum. Je pense que les gens ne men voudront pas : il fallait que je reste concentrée pour le super géant. Javais mes chances, je ne voulais pas les sacrifier. Je ne regrette pas ma gestion de ces quelques jours, jai eu du temps pour moi, pour me re-concentrer. Ce matin, jai pris le départ pour aller chercher encore des choses. On est des éternels insatisfaits et quand on a gagné, on a envie dy retourner. Je ne suis pas du tout déçue de ma course, je me suis engagée. La neige était vraiment beaucoup plus douce que les autres jours, il fait très chaud aujourdhui. Jai fait beaucoup de surpression, finalement jétais peut-être trop agressive, au détriment de la vitesse. Les Jeux ne sont pas finis, il reste le géant (vendredi à Park City), je ne vais pas procéder comme pour le super G : je vais aller voir des épreuves, faire des choses, faire la fête. Je me suis beaucoup protégée ces derniers jours, là je veux profiter, savourer, aller boire une bière avec mes entraîneurs. Je me re-concentrerai au dernier moment pour le géant. Je suis très réaliste pour cette épreuve, je sais quil y a beaucoup de filles qui ont un ski meilleur que le mien, mais jy crois quand même. On est aux Jeux, il y a plein de surprises, on la vu depuis le début Je sais que je peux faire quelque chose de bien. Et puis surtout je méclate dans cette discipline donc ça peut le faire ! Daniela Ceccarellli (lItalienne, qui skie sur Dynastar, est championne olympique de super géant) est faite pour réaliser des prouesses sur ce type de neige, elle na pas un gros physique, skie tout en fluidité et cest comme ça quelle a gagné aujourdhui, elle a skié comme un chat (!). Elle est très sympa, en plus elle parle le français alors on sapprécie bien Il y a beaucoup de respect entre les filles, globalement. Après la descente, beaucoup sont venues me féliciter et je sentais quelles étaient sincères. Toujours après le super géant, avec Pilou cette fois Pour aujourdhui on avait plus que des rêves, ça pouvait se concrétiser, cétait possible, Mélanie et Carole étaient réellement armées pour ça et puis voilà ça na pas joué. Cest un peu loin du podium en plus, alors en ce sens ça donne moins de regrets. Mélanie (Suchet) na pas osé parce que depuis le début de saison - alors quelle a dénormes moyens en super G ; on sait quelle peut gagner - elle est presque toujours sortie, donc elle nétait pas dans une position idéale pour aujourdhui. Est-ce difficile après une si belle médaille dor de rester dans la course, de rester concentrés ? Non, non, pas du tout. On a lhabitude et puis les Jeux, cest quelque chose de trop important pour sarrêter en route. Alors, cest vrai, il y a eu un moment deuphorie, mais les filles sont expérimentées et on a essayé de tenir le truc, donc si on ny est pas aujourdhui, cest parce quon peut ne pas y être. On est très déçus, on ne se dit pas Oui, mais cest bon, on a la médaille dor de la descente Ce qui ma véritablement impressionné dans la descente de Carole, cest la façon dont elle a surmonté le vide qui sétait ouvert les quelques jours précédant la course. Là dessus, elle a vraiment été très forte. Les péripéties de Mimi à Salt Lake City Sylvie ma demandé de lui raconter une journée type de ces Jeux olympiques alors je vais essayer de vous donner une idée de mon rythme de vie ici Réveil vers 6 heures. Très facile au début parce quavec le décalage horaire, on a tendance à ne pas pouvoir dormir au delà de 4-5 heures du matin. Plus dur cette semaine : la fatigue commence à se faire sentir ! Une demie-heure plus tard, commence le ballet des transports. Jhabite downtown et croyais donc naïvement être à deux pas du Main Media Center (où tout se passe et doù partent les navettes). Cétait oublier que le centre ville dune cité américaine est sans commune mesure avec nos ceux de nos bourgades ! Cet éloignement me permet de rencontrer chaque jour de nouveaux chauffeurs de taxi (tous volubiles et Américains dadoption et ex-Somaliens, Iraniens, (ex)Yougoslaves, Pakistanais, etc). Arrivée au MMC, je saute dans une navette qui, en une heure et demie environ (selon le temps que prendront les militaires pour checker le bus : le toit, les soutes, le moteur parfois ) mamène en station. Le trajet est souvent loccasion de rencontrer des confrères, français ou étrangers, et de découvrir leur façon de travailler. Pays-Bas, Canada, Allemagne, Russie, jaurais beaucoup voyagé durant ces Jeux ! Avant le départ, direction la tente médias (réplique en miniature du centre principal sans les restaurants, le salon de coiffure, les ordinateurs en libre-service, les masseurs ) pour récupérer les informations sur la piste, les listes de départ, les biographies des coureurs, etc. Vers 9 ou 10 heures, selon les épreuves, le départ est donné et là, les sentiments se mélangent. Sommes-nous journalistes ou supporters ? Nos obligations professionnelles (ouvrir lil et les oreilles) ne nous empêchent pas de vibrer pour les athlètes français. Notre joie dans laire darrivée est parfois comparable à celle des entraîneurs, de lautre côté du filet ! Selon les jours, on pleure de joie ou de déception pour eux. Après la course commence lattente. Les athlètes cheminent dans le couloir réservé (zone mixte) pour répondre aux sollicitations des journalistes, dabord les télés (pour les journaux du soir) puis les radios, puis les quotidiens (qui sont en bouclage) puis sil reste un peu de temps et de courage aux athlètes, les magazines. Vers 13 ou 14 heures, toujours selon les épreuves, retour en salle de presse pour récupérer les résultats, amener les réactions des coureurs aux confrères qui nont pu attendre en zone mixte (la solidarité est monnaie courante entre les journalistes français. les gens de TF1, Guillaume Lacroix en tête, ont tendu mon dictaphone aux snowboarders. Dictaphone que jai rapidement ramené en salle de presse pour Gabriel du Dauphiné Libéré, Yves du Progrès et Frédéric du Parisien.) Le décalage horaire (+ 8 heures pour la France) rend le bouclage particulièrement tendu. Après la course des coureurs puis celle des journalistes, se tient la conférence de presse des médaillés, nouvelle récolte de réactions donc. Ensuite, je profite de quelques instants de battement pour rendre visite à mes amis de Zoom (lagence photo avec qui travaille Ski Français) et jeter un oeil curieux à leur moisson du jour. Il ont capté tant de belles choses avec leurs objectifs, comment allons-nous choisir ?! Eux sont très occupés à transmettre (ils travaillent en numérique) les meilleures prises à lagence, à Briançon, à nommer toutes les images Vers 18 heures, retour au Centre médias principal après le trajet inverse du matin, réponse à mes mails, envoi de votre message du jour, achat de quelques cookies (ma seule nourriture, vous laurez compris !). Puis vers 20 heures, cérémonie de remise des médailles (si un Français a réussi parce que les tickets dentrée sont rares) suivi du concert du jour (je nai malheureusement pas pu y assister) ou de la rencontre des athlètes au club France. Variante, entre 16 et 18 heures, conférence de presse des athlètes qui vont entrer en scène les jours suivants. Le soir, un tour à la patinoire pour la danse ou pour cotoyer un peu les spectateurs, profiter de lambiance. 21h30, 22 heures, au lit ! Et oui, il faut repartir demain et le répit nexiste pas ! Mais sachez que jai un rythme de touriste par rapport aux confrères qui travaillent sur des supports quotidiens Sylvie me demandait ce quon pouvait faire, à part assister aux épreuves sportives Plein de choses, les Américains ont le sens du spectacle, on le sait ! Concerts de rock ou de musique classique, chants de la chorale mormonne, démonstrations de danse ou de karaté dans les rues, karaoké géant, les animations sont variées et ne manquent pas mais pas le loisir den profiter malheureusement ! Quant à visiter le pays, ses arches naturelles et ses canyons de roche rouge, inutile dy songer bien dommage ! Salt Lake City, quelques infos sur les Jeux et la ville * SLC, capitale de lUtah (surnom : Mormon State, 2 millions dhabitants) 171 000 habitants (1,5 million pour la métropole). Lieu de naissance de John Browning, inventeur de la mitrailleuse et de Butch Cassidy, bad boy parmi les bad boys ! * Les mormons représentent 70 % de la population environ, ce sont eux qui ont fondé la ville en 1847. Disciples dune secte religieuse fondée en 1830 par Joseph Smith (ça fait tout de suite plus américain que Jésus comme nom, ça cest sûr !), ne sont pas si coinçés que ça puisquà la base leur croyance prônait la polygamie ! Interdite en 1862, les Mormons avaient continué à la pratiquer, se faisant incarcérés pour cela. A la fin du XIVe siècle, le chef de léglise mormone a certifié que dieu lui avait annoncé que les mormons devaient se conformer au droit américain et renoncer à la polygamie. Tout est donc rentré dans lordre et lUtah a intégré lUnion en 1896. Les principes de bases des mormons, ultra conservateurs : - leffort au travail - lobéissance aux chefs de léglise - le versement de la dîme (10 % des revenus !) - café, thé, tabac et alcool interdits - les femmes ne peuvent assumer de responsabilités importantes - les tenues vestimentaires sont strictes - les jeunes effectuent un service de missionnaire volontaire dans le monde pour répandre la foi (18 mois pour les filles, 2 ans pour les garçons) Cela nempêche pas la plupart des mormons de se montrer tolérants. Live and let live (vivre et laisser vivre) comme me la dit Heather, une mormone trentenaire, bénévole pour les Jeux. Des chiffres * Les Jeux du marketing Les premières analyses indiquent que la diffusion de SLC 2002 devrait attirer la plus spectaculaire audience de toute lhistoire des Jeux dhiver indique Marketing matters environ 3 milliards de spectateurs dans plus de 160 pays. Diffusion prévue : 9 750 heures, soit plus de 600 heures de couverture par jour à léchelle mondiale. (à elle seule, France Télévision avait prévu 176 heures de diffusion pour les Jeux). Première couverture en direct pour lAmérique latine. Première couverture tout court de JO dhiver pour lInde et Singapour. Diffusion Eurosport Europe entière : 336 (contre 284 pour Nagano). Diffusion BBC : 500 heures ! Afrique du Sud : 546 heures ! Suisse : 730 heures. Japon : 820 heures ! Corée : 189 heures. République tchèque : 280 heures. Début février, le SLOC, comité dorganisation, avait vendu 1,365 million de billets (82,5 % du total disponible), soit déjà plus de billets quà Nagano. 74 % des billets vendus en ligne (contre 4 % pour Sydney). Billets disponibles pour le ski alpin : 508 441. Nordique : 133 892. Hockey : 399 259. Patinage : 266 423. Biathlon : 69 005. Cérémonie douverture : 42 774. Prix (officiel) du billet : entre 20 USD et 425 USD (je ne connais pas le cours exact du moment mais cela donne entre 150 et 3200 francs environ). Prix (officiel) moyen dun billet : 600 francs. Le SLOC est entièrement financé par le marketing et la diffusion. Prévisions candidature : 746 millions de dollars. SLOC début février : 1,3 milliard de dollars Parrainage sponsors locaux : 840 millions de dollars US (contre 633 pour Atlanta). Financement : 43 % sponsors locaux 33 % diffusion 10 % partenaires TOP 13 % billeterie 1 % licences Source : Marketing matters, une publication du Comité international olympique. (JO) Prêts pour ce soir ? Sera-ce le grand soir pour les slalomeuses et pour les biathlètes ? Vous nallez pas tarder à le savoir et jespère que vous serez tous devant la télé pour soutenir les Français ! Du beau spectacle en prévision : - ski : slalom femmes - biathlon : relais hommes - hockey : quarts de finale hommes - short-track : 1500 mètres hommes et relais femmes Larène des slalomeuses Ça y est les slalomeuses sont arrivées à Salt Lake après avoir passé quelques jours en Amérique pour bien digérer le voyage. Deux jours à San Diego pour récupérer du vol ont été suivis par quelqes jours dentraînement à Jackson Hole, Wyoming, sur la glace (par - 20° !). Vanessa Vidal, Christel Pascal-Saïoni et Laure Péquegnot semblent en pleine forme et décidées à passer à lattaque sans complexe. Leur état desprit 48 heures avant le jour J : Vanessa Je me sens parfaitement bien, surtout après ces deux jours près de locéan à San Diego, jaime beaucoup la mer (Vanessa est passionnée de surf deau). Laventure olympique est quelque chose dextraordinaire, jen profiterai après la course. Pour linstant, deux grands moments mattendent, le slalom féminin bien sûr où je serais outsider mais bien décidée à me battre, et puis le slalom masculin où jirais encourager mon frère Jean-Pierre. Ses résultats cette saison sont époustouflants et ça me donne envie de faire pareil ! Christel On ne connaît pas la piste, on verra bien, on ne sattend pas à des conditions faciles, on sest dailleurs entraînées dans ce sens On est prêtes à skier sur la glace, on est prêtes à tout. Pour linstant, il ny a pas vraiment de pression supplémentaire par rapport aux coupes du monde. Il y a des choses différentes - comme vous, tous présents avec vos micros par exemple ! - mais je vais prendre un départ comme les autres (Christel a remporté la première coupe du monde de sa carrière aux US ) Nous navons pas vécu la course de carole, nous étions coupées des Jeux, on ne peut pas tout faire : vivre les Jeux pour notre plaisir et nous concentrer sur ce que nous avons à faire On nest pas là en vacances, on nest pas là pour profiter de lambiance, on est là pour un objectif précis. Laure Je fonctionne aux repères donc là, ça va, jai de bonnes bases.Je vais essayer de reproduire ce que je sais faire. Je suis très stressée mais ça ne minquiète pas, je me connais, je sais que jai besoin de ça pour me transcender ! Depuis 2 ans, je me sens mal avant les courses, mais jai besoin de ça pour donner le meilleur de moi-même. Le matin de la course, ça disparait, tout va bien. Je sais que jai le ski pour mimposer mais est-ce que je vais pouvoir skier comme à lentraînement ou est-ce quil va y avoir un couac ? Je me pose des questions à deux balles, du style est-ce que la neige va me convenir ? etc A la question Janica Kostelic sétait un peu fait oublier cette saison mais elle revient très fort pour ces Jeux, avec une médaille en combiné et surtout une en super géant. La craignez-vous tout particulièrement ? En course, je ne me bats contre personne sauf moi-même. Le combat que jai à mener, cest contre moi, alors Kostelic ou une autre Penserez-vous aux gens de lAlpe dHuez au départ, comme Isabelle Blanc ? Non, je ne penserai quà moi, ça peut paraître égoïste mais cest MON aventure. A la question Tu vas essayer de profiter au maximum de ces Jeux, elle répond, sûre delle Non, pas du tout. je suis là pour tout donner, pas pour profiter. Donc tu nes pas venue faire 4e ?! Non, ce nest pas le problème de la place. Je ne vais pas me dire cest les Jeux, la fête. Je suis là pour donner le meilleur de moi-même donc je mets tout en place. Bon après si cest devant, ce sera fabuleux, mais par contre si les résultats ne sont pas là, janalyserai en temps voulu, jen tirerais une experience Mais je ne vais rien lâcher. Cela fait des mois maintenant quil faut compter sur les Françaises (Kiki ou Laurette) dans cette discipine et une médaille olympique serait logique ( la skieuse de Pra-Loup, vice-championne du monde lannée dernière, a prouvé quelle sait être présente lors des grands rendez-vous et Laure dit se sortir particulièrement les tripes pour les grands jours). Laurette na quun problème : si elle gagne, elle sera bien obligée de lâcher son casque de slalom et dévoiler ses cheveux. Isa (Blanc) mavait conseillé une coiffeuse au village olympique et comme elle a gagné, je lai imitée mais la fille ma complétement ratée, je ne quitte plus ma casquette ! Le carré das du biathlon Raphaël Poirée, il y a deux jours, disait quil serait à 600 % pour le relais ! Vincent Desfrasne, Gilles Marguet et Julien Robert sont surmotivés. La dream team réalisera-t-elle son rêve ? La neige de Soldier Hollow en décidera ce soir From Salt Lake City / Mercredi 20 février 2002 Grand jour aujourdhui pour nos Français, jespère que vous avez suivi tout ça comme je vous lavais conseillé ! Laure Péquegnot ramène donc largent après une course-poursuite houleuse avec Janica Kostelic (qui en est déjà à trois médailles, avec lor du combiné et du slalom et largent du super G, et quil faudra surveiller dans le géant, parce quelle est sur un nuage). Tout le monde ici - y compris son coach Jacques Théolier - voyait Laure en or après sa deuxième manche canon cétait sans compter sur la jeune Croate, qui na pas failli et prive la skieuse de lAlpe dHuez de la médaille dor, pour 7 tout petits centièmes. Laure elle-même a du y croire et, même si elle soutient le contraire, a du être déçue de frôler de si près lexploit ultime. Mais comme elle le dit si bien, tant de concurrentes sont tombées quelle ne peut se permettre davoir des regrets Entre les deux manches, nous avons pu regarder le relais hommes du biathlon en entier et je peux vous dire que nous étions étions tous très tendus en salle de presse. Je vous souhaite vraiment davoir vécu cette passionnante course, dont la dream team du biathlon français peut être fier. Là encore, on ne peut sempêcher dêtre un peu déçu : les tricolores sont passés si près de largent Bon, cest pas tout ça, je suis désolée mais je dois filer à la cérémonie de remise des médailles alors impossible de vous en dire plus, juste quelques réactions sur le vif : Laure Péquegnot Quand jétais petite, je rêvais dor, mon rêve sest réalisé Quand je vois comme cétait pourri pour moi, avec le dossard 5, je pense que ça a du être horrible pour ma copine grecque, qui partait 70 ! Jai un peu assuré dans la triple, à la fin de la deuxième manche et je perds peut-être les 7 centièmes là (en réalité, cest surtout sa faute dans le plat, à la première manche, qui lui coûte cher) mais je me dis que si je navais pas assuré un peu, je serais peut-être par terre comme beaucoup de filles, donc je crois que jai bien courru. Aujourdhui ça a été très facile pour moi. Surtout comparé aux deux dernières semaines où jai souffert dun stress terrible, je doutais, javais perdu toute confiance en moi, heureusement que mon coach ma rassurée, secouée. Ce matin, jai juste pensé que la médaille nétait pas dans ma poche alors jai arrêté de penser, I just do it, jai fait mon boulot. A propos de son grand calme apparent, I am not a showbusiness woman Je suis très heureuse même si je ne sais pas tellement comment le montrer. Il y a tant de travail derrière, je pense surtout à tous ceux qui ont mérité cette médaille avec moi. Cette médaille nest pas quà moi A propos de C. Pascal-Saïoni, Kiki a eu beaucoup de problèmes personnes dernièrement et au vu de ça, on ne peut pas dire quelle fasse une mauvaise saison, elle est 5e du classement général de la coupe du monde, ce nest pas rien. Pour lanecdote, cest Gwendal Peyzerat, champion olympique de danse sur glace (pour entrer dans la zone médias, il a été obligé de montrer sa médaille dor ), qui a tenu le dictaphone aujourdhui ! Il était venu encourager les filles et était content comme un gosse de pouvoir filmer leurs passages en même temps que les commentaires de Jean-Luc Crétier. Janica Kostelic, championne olympique Je trouve que tout le monde a très mal skié, cétait très mauvais comme conditions; Au départ de la deuxième manche, jai appris que Laure avait creusé un très gros écart et je me suis dit Bon que suis-je supposé faire maintenant ?, et jai décidé de faire une course propre, déviter les fautes au maximum. Vous me demandez si je veux encore une médaille ? Si elle vient, je la prendrais, oui ! Mais sinon, ce ne sera pas grave. Jai encore deux Jeux olympiques devant moi Entre les deux manches, Laure et Janica ont regardé le biathlon ensemble et la Croate a demandé à la Française de ne pas aller trop vite ! Bon esprit chez les skieuses décidément. Vanessa Vidal prend une belle 7e place, à la hauteur de ce quelle sait faire. Cest pas mal, même si jaurais pu griller deux placesJe rempile pour 4 ans et ce que Laure a fait aujourdhui, ça me donne des idées ! Christel Pascal-Saïoni, qui na fait que quelques portes de la première manche Jai les boules, évidemment Ce nétait pas facile à skier, les sensations nétaient pas très bonnes depuis le départ mais bon, ça allait quand même et puis jenfourche Au vu des courses des autres concurrentes, ça a été dur pour tout le monde ! Gérard Rougier, directeur technique national Ouf, là, ça va mieux ! Jai tout fait aujourdhui, les deux manches de slalom, le relais de biathlon, tout en direct live, sauf le relais de Raphaël que jai vécu au téléphone grâce à Joël Besson, jétais tendu, là ca va mieux ! Je crois quon est en train de faire des Jeux historiques ! Gilles Mazzegga, responsable course Salomon Pour nous aujourdhui, cest un rêve ! (les trois médaillées skient sur Salomon) Les filles ont été fabuleuses, il ne manque que Christel sur le podium pour faire mon bonheur. Je travaille pour Salomon International mais ma fibre française fait que jaurais préféré Laure ET Christel sur le podium ! Jacques Théolier, coach de léquipe de France de slalom filles Je voyais vraiment Laure et Christel toutes les deux sur le podium donc je suis déçu. Javais lambition davoir deux filles médaillées, cétait réalisable. Kiki était en forme, cest dur quelle sorte, mais cest le sport From Salt Lake / Des géants sur le podium Mauvais jour pour les tricolores, nos Français nont vraiment pas fait fort aujourdhui, skiant vraiment en deçà de leurs capacités. Stephan Eberharter (Autriche) remporte logiquement lor de ce slalom géant, suivi dun Bode Miller époustouflant et dun Lasse Kjus qui fait la course avec Kjetil Andre Aamodt pour ramener le plus grand nombre de médailles ! Rien que du beau linge sur ce podium donc, où lon pensait vraiment trouver le leader de la coupe du monde de géant, Frédéric Covili (Dentrée, je nai pas été dans le rythme, et ça a continué tout le long, jai été mauvais). Rendez-vous ce soir (vendredi) pour le géant dames, dans lequel vous retrouverez Carole Montillet bien sûr mais aussi Christel Pascal-Saïoni et Laure Péquegnot, qui a envie de prolonger son aventure olympique Je ne savais pas du tout si jallais courir mais je suis là et il y a une place alors pourquoi pas ? Ça me fera une expérience en plus ! Le géant de demain pourrait dailleurs être historique si la jeune Croate Janica Kostelic, 20 ans, montait sur le podium. Elle deviendrait en effet la première skieuse au monde (ski alpin, hommes et femmes confondus) à avoir été quatre fois médaillée pendant des Jeux Ce 21 février en résumé * Bode, Bode, Bode ! Les Américains chantent en cur le prénom de leur médaillé dargent, le skieur chew-gum comme lappelle Yves Billet, un confrère du Progrès, parce quil a vraiment un style particulier, de funambule, et quil part dans tous les sens en course. Ça, cétait pour louïe * Des larmes dans les yeux de Fred Covili. Le petit frère du skieur des Ménuires a des ennuis de santé en ce moment et la nouvelle a plongé tout le clan français - journalistes compris - dans la tristesse. Ça na pas joué aujourdhui, décidément. Voilà pour la vue * Le geste du jour, cétait le câlin au lapin Powder (Poudreuse), lune des mascottes de ces Jeux. Doux au toucher * Oreo cookies (biscuits au chocolat typiquement nord-américain). A part ça, rien pour le goût * Je concluerais en revenant sur le chew-gum, puisquaprès tout cest lun des symboles des Etats-Unis depuis plus de 50 ans Dans les rues, au centre médias, partout, flottent dalléchantes effluves de cannelle. Le grand truc ici, cest le Cinnamon roll, une sorte de gâteau plus ou moins collant, parfumé à la cannelle, quils consomment à toute heure et dont la chaude odeur nous flatte les narines (La canelle, cest aussi larôme des chew-gums Big Red - rarissimes en France - que sont chargés de ramener tous mes confrères à leurs petites amies. Voilà pour le rapport avec la gomme à mâcher comme dirait sûrement mon ami Simon le Québécois.) Sécurité : ça ne fait pas rire les patates à la cave, comme dirait un freerider Rossignol Cest devenu une habitude si bien que javais oublié, dans le descriptif de ma journée type, de vous parler des security check-point. Le matin, avant dentrer au centre de presse, premier contrôle. Deuxième contrôle avant dentrer sur la zone de compétition. Troisième contrôle au retour au centre média principal. Un contrôle signifie : - une vérification de laccréditation Vous ne pouvez pénétrer dans une zone si vous navez pas le bon numéro, les Américains sont très fermes sur le sujet (ce qui a valu des avertissements à certains avec menaces de confiscation du précieux sésame !). - la remise de tous vos objectfs métalliques ou éléctroniques dans une petite boîte pour inspection. Ce qui signifie dans mon cas : dictaphone à cassette, appareil photo, clés dappartement, une montre et dictaphone numérique. Il faut tout mettre en marche pour que le militaire soit sûr que lobjet nest pas un lance-rocket déguisé en enregistreur. Quand on a la mauvaise idée davoir en plus un ordinateur portable, il faut le mettre sous tension, attendre patiemment quil soit allumé puis léteindre pour le ranger dans sa housse. Pour ma part, lordinateur reste au chaud à la maison mais je promène tout de même un ustensile embarassant : mon dictaphone numérique. Extrêment petit, de forme harmonieuse mais néanmoins étrange, il fait lobjet de toutes les curiosités. Mais, ça sert à quoi ? Oh, faites voir comment ça marche ? Ah la la, vous êtes forts en France (le dit-objet vient du Japon, évidemment ) ! Ah ben dites donc ! (Conversation fort agréable et passionnante qui vous fait régulièrement perdre deux minutes). - le passage de votre sac aux rayons X. Avec déballage immédiat de vos petites affaires par les militaires (qui ont été estomaqués de tomber sur des cookies dans le mien !), si vous avez le malheur doublier un objet métallique à lintérieur. - le passage de votre propre personne dans le portique de détection des métaux. Si vous bipez, honte à vous, un militaire vous prend en mains (enfin façon de parler !), et vous fouille avec un petit détecteur pour localiser lobjet du délit. - si vous êtes venus en véhicule, ce qui est le cas tous les jours, la navette ou la voiture de location passe également un contrôle : vérification des papiers daccréditation, fouille du moteur, du coffre, des soutes. Contrôle dessus-dessous par un militaire grimpant sur un échaffaudage et promenant un miroir sous le car. Tout cela a lair compliqué et fastidieux mais nous sommes maintenant tous bien entraînés et lopération ne prend que quelques minutes pour les journalistes (qui bénéficient dune file dattente à part) mais pour les spectateurs, cest beaucoup plus hasardeux ! 22 février : HistORique Kostelic ! journee historique aujourd hui a Park City puisque Janica l a fait ! Avec 4 medailles [elle remporte l or des geantes] elle entre dans l histoire comme etant la skieuse ayant glane le plus de medailles lors de memes JO. Record historique de chaleur aussi ce jour puisque le thermometre n est jamais monte si haut depuis 100 ans dans la station de l Utah ! Chaleur encore ce matin avec l Espagnole Maria Rienda Contreras qui a bien failli faire la course de sa vie [troisieme de la premiere manche elle n a pas concretise son court reve de medaille]. Anja Paerson [deja sur le podium du slalom avec Kostelic avant hier] et Sonia Nef repartent avec l argent et le bronze. Les Francaises n ont pas brille mais on s y attendait [pas une tricolore en premiere serie, c est symptomatique]. Voila, un message tres court car je file vers un autre moment fort de ces Jeux : le match de hockey USA- Russie. L ambiance promet d etre chaude : le public americain adore ce sport et les filles ont perdu hier soir contre le Canada en finale, l equipe mqsculine aura a coeur de "performer" pour la "revanche" [le Canada a royalement gagne sa place en finale ce matin]. Au revoir a tous donc et rendez-vous pour le slalom demain soir, avec Vidal, Amiez et Bourgeat ! Salt Lake 2002, des Jeux somptueux Bye-bye USA ! Salt Lake City, c'est fini, l'heure est aux bilans. Celui de Myriam Cornu, notre envoyée spéciale sur les terres mormones, n'est pas fait de chiffres : "Le record historique de podiums - onze en tout - fait chaud au cour mais c'est surtout la beauté des victoires et des médaillés qui marque. L'or de Montillet après des moments extrêmement douloureux, l'argent de la délicate Laure Péquegnot, si forte mentalement, les doublés des slalomeurs Vidal et Amiez et des snowboardeuses Blanc et Ruby, sont autant de moments de bonheur sportif intense. Que dire aussi de la splendide médaille des biathlètes ? Poirée, Defrasne, Marguet et Robert nous ont offert un relais somptueux, remportant le bronze de l'amitié, du bon esprit sportif, nous faisant vivre sur place des émotions dignes de la Coupe du monde de foot de 98 ! Mon bilan retiendra également des courses superbes sur des pistes techniques et sélectives, une météo divine, un accueil et une organisation quasi parfaits. Un souvenir surtout restera dans les mémoires, je crois, celui du sourire des Américains, si amicaux, et de leurs encouragements, fournis et chaleureux, à destination de tous les athlètes." Rendez-vous mi-avril dans Ski Français avec l'album des photos-souvenirs des médaillés. Myriam Cornu, Ski Français |